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Surmonter le tabou de l'éjaculation précoce : le premier pas vers une solution
ejaculation-precoceLa moitié des hommes n’osent pas aborder le problème. L’éjaculation précoce demeure encore un tabou aussi bien pour les hommes qui en souffrent que pour leurs partenaires. Pourtant elle n’est pas une fatalité. La première étape vers la résolution du problème est de surmonter la gêne et d’en parler au sein du couple.
L’éjaculation précoce demeure encore un sujet tabou comme le révèle une récente étude européenne. 50 % des hommes souffrant d’éjaculation précoce n’en parleraient à personne, même pas à leur partenaire !
Quant aux partenaires, 70 % avouent n’en avoir jamais parlé à personne, et la majorité des personnes concernées par le problème avoue ne pas s’être renseigné sur le sujet (via une simple recherche sur internet par exemple) !

La honte et la gêne sont les principaux obstacles (50 %) qui empêchent les hommes de parler, mais aussi une bonne partie (28%) pense qu’il s’agit d’une pathologie qui n’est pas traitable.

Pourtant lorsque le problème perdure au delà des premières expériences sexuelles, il est primordial de consulter un médecin car il existe aujourd’hui de nombreux traitements permettant d’améliorer cette dysfonction sexuelle.

D’après Irem Hattat, président de l'European Sexual Health Alliance, qui organise des groupes de soutien pour la santé sexuelle :

« L'éjaculation précoce est un problème de santé sexuelle comme un autre qui peut être résolu de façon satisfaisante. Nous encourageons tout homme souffrant d'éjaculation précoce ou son partenaire à consulter, soit un médecin, soit un groupe de soutien local pour la santé sexuelle, capable de fournir des informations fiables et des conseils, un soutien et des solutions appropriées.
La première étape du traitement de l'éjaculation prématurée consiste à en parler et le conseil que nous donnons aux hommes pour tout type de trouble sexuel est d'aborder le sujet, en particulier avec leurs partenaires. Il s'agit souvent de la première étape vers une solution concernant un sujet sensible et délicat et pour améliorer la vie sexuelle des couples et la solidité de leur relation. »

Il n’existe pas de traitement de référence mais toute une panoplie de solutions disponibles. La prise en charge de l’éjaculation prématurée nécessite souvent plusieurs essais avant de trouver le traitement le plus approprié. Le point avec le docteur Sylvain Mimoun, spécialiste en Andrologie à l’Hôpital Cochin.
Sylvain Mimoun est gynécologue, andrologue et psychosomaticien. Il est responsable du Centre d’andrologie de l’Hôpital Cochin à Paris, président de la Société française de gynécologie psychosomatique et responsable d’étude sur la sexualité à l’hôpital Robert Debré à Paris.

1. L’éjaculation précoce est-elle bien prise en charge aujourd’hui ?
Il s’agit d’un symptôme fréquent puisqu’un homme sur trois environ est touché. L’éjaculation précoce se traite bien si l’on utilise relativement tôt les divers moyens qui existent et les conseils de rééducation.

L’éjaculation précoce est essentiellement due au stress et à l’anxiété. Or quand le corps s’habitue à éjaculer vite, que l’homme se sent débordé, un réflexe s’installe et s’auto-entretient. Cela devient un automatisme. Il s’agit alors de se désaccoutumer avec des techniques comme le « stop and go », de se désensibiliser.

Il existe aujourd’hui des produits prescrits par les médecins qui retardent l’éjaculation pour que l’homme se sente moins débordé, mais pas de thérapeutique ou de médicament mis sur le marché qui soit propre à ce problème.

La première étape est de se déshabituer. C’est ainsi que l’homme sera aidé et pourra de nouveau se sentir confiant.

2. Quels traitements peuvent être proposés au patient avec quels inconvénients et avantages ?
Les antidépresseurs, qui peuvent être prescrits médicalement, ont tendance à retarder l’éjaculation, mais leurs effets sont momentanés et il faut les prendre sur une longue durée.

Il existe aussi des crèmes anesthésiantes. Mais je reste convaincu que la réadaptation est le but à atteindre après avoir eu recours aux médicaments.

3. La thérapie comportementale peut-elle aider ? Faut-il y aller seul ou en couple ?
La thérapie comportementale cherche à changer le comportement du patient. L’éjaculation précoce est un réflexe conditionné. Il faut donc arriver à changer son caractère de répétitivité et d’automatisme pour que l’homme ne se sente plus débordé.

Il est utile que la partenaire puisse y participer. Toutefois, cette méthode a ses forces et ses faiblesses. Il existe parfois des tensions dans le couple et jouer sur la sexualité n’est pas neutre.

Deux techniques peuvent être utilisées pour retarder l’éjaculation : le squeezing et le stop and go. Dans le squeezing, la femme peut caresser son partenaire, puis, lorsqu’il lui dit que le plaisir monte, elle lui pince le frein. Avec la seconde méthode, le stop and go, l’homme laisse monter le plaisir et, quand l’éjaculation est proche, il stoppe tout mouvement de va et vient se retirant, ou non, de sa partenaire.
Mais il faut savoir que cet exercice de répétition de l’arrêt du plaisir est difficile pour le couple qui craque souvent après un rapport.

J’utilise pour ma part d’abord les médicaments et, une fois que l’homme n’est plus bloqué par la crainte de son débordement et que le climat au sein du couple est plus serein, je préconise l’utilisation des méthodes sexo-corporelles.

4. L’hypnose peut-elle aider ? Existe-t-il d’autres techniques ?
L’hypnose aide plus particulièrement les hommes qui ont une éjaculation précoce ponctuelle par exemple qui se déclenche en présence de certaines partenaires et pas avec d’autres. Elle les aide alors à mieux gérer leurs émotions.

Je préconise aussi la méthode sexo-corporelle, qui, si elle est pratiquée de façon systématique, aide l’homme qui souffre d’éjaculation précoce à retrouver un réflexe éjaculatoire beaucoup plus satisfaisant pour lui et sa partenaire.
Elle consiste en un apprentissage de la respiration par le ventre sans gonfler les poumons et à bouger le bassin, grâce à des mouvements de bascule du bassin. Plutôt que d’utiliser le mouvement de va et vient, cette technique associe ventre et bassin. Ainsi, lors de la pénétration, l’homme perçoit mieux la pression dans son bas-ventre. Il se sent ainsi moins débordé et arrive plus facilement à avoir des points de repère pour changer sa façon de faire.

5. Peut-on guérir seul ?
Objectivement, c’est très difficile, car lorsqu’un homme souffre d’éjaculation précoce, ce symptôme devient très rapidement un problème de couple.

Même l’homme « abandonné » par une partenaire reste dans la crainte pour la suite. Il souffre d’un handicap et d’une anxiété majeure qui risque d’auto-entretenir le symptôme d’éjaculation précoce. Il a donc besoin de se faire aider par quelqu’un qui puisse gérer le problème. Beaucoup d’hommes apprennent les techniques seul sur Internet, mais les utilisent à mauvais escient en les pratiquant pas trop souvent, puis en changent. Or il faut une répétitivité dans le temps.

6. Les risques de rechute sont-ils fréquents ? Comment les éviter ?
Les rechutes se produisent dans deux situations.

La première, c’est lorsqu’au début, on fait attention, ça marche, mais par la suite, on est habituellement moins appliqué et les anciens réflexes finissent par revenir.

La seconde, c’est qu’en situation de stress important, le risque d’éjaculation prématurée augmente, puis les choses s’auto-entretiennent.

Pour les éviter, il est essentiel de calmer son stress. Mais cela ne suffit pas toujours. Les anxiolytiques et les antidépresseurs sont des produits, qui, chimiquement, ralentissent l’éjaculation et peuvent dans un premier temps redonner confiance aux hommes qui souffrent d’éjaculation précoce de ce fait.

7. Un nouveau traitement, la Dapoxetine, devrait arriver prochainement en France. Quelles perspectives peut-il offrir ?
La Dapoxetine, qui sera prochainement mise sur le marché français, a un impact ponctuel et c’est là tout son avantage.

Jusqu’à présent, les antidépresseurs qui étaient utilisés pour retarder l’éjaculation devaient être pris de façon continue, ce qui ne convient pas à certains hommes dont les rapports sexuels sont plutôt sporadiques. En le prenant ainsi, l’éjaculation est retardée. L’homme reprend alors confiance en lui et se sent de mieux en mieux.
Source : Carevox.fr

 

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