| Violences sexuelles et avortement : L’Association des juristes sénégalaises pour la révision du Code pénal |
L’Association des juristes sénégalaises (Ajs) a plaidé, hier, pour que les femmes victimes de violences sexuelles puissent bénéficier d’une prise en charge sanitaire et judiciaire, leur permettant de faire face au traumatisme.Les membres de l’Association des juristes sénégalaises (Ajs) ont appelé les autorités à autoriser les jeunes filles victimes de violences sexuelles à recourir à l’Interruption volontaire de grossesse (Ivg). Selon la Secrétaire générale adjointe de l’Ajs, Fatou Kiné Camara, la plupart des filles violées, au Sénégal, sont âgées de 13 ans et ne peuvent pas supporter leur grossesse. « Pour sauver ces filles, les autorités doivent les autoriser à se faire avorter en assurant leur prise en charge sanitaire », a-t-elle souhaité. La juriste a invité le gouvernement du Sénégal à appliquer le protocole des droits de l’Homme autorisant les femmes victimes de violences sexuelles à se faire avorter médicalement. Fatou Kiné Camara a aussi plaidé pour la gratuité de la césarienne des filles enceintes à la suite de violences sexuelles. Elle s’est exprimée lors du forum de la prise en charge sanitaire et judiciaire des victimes de violences basées sur le Genre, organisé par l’Association des juristes sénégalaises. La vice-présidente de l’Ajs, Patricia Lake Diop, a appelé les autorités à revoir les dispositions du Code pénal, de sorte à autoriser les jeunes filles victimes de violences sexuelles de pouvoir faire un avortement dans les structures sanitaires. Le psychologue Serigne Mor Mbaye a demandé que les femmes victimes de violence sexuelle soient prises en charge au plan psychologique pour éviter des traumatismes. « On doit évaluer leur traumatisme et atténuer l’état de souffrance de ces femmes, parce que le viol désorganise la vie affective, conjugale et psychique de la victime », a-t-il expliqué. Le Dr El Hadji Ousseynou Faye, gynécologue, chef du bureau de la santé de la mère à la Division de la santé de la reproduction (Dsr) a plaidé pour une prévention des cas de viol et une prise en charge des filles en état de grossesse. Il a précisé que les avortements représentent 4% des décès maternels au Sénégal. Le Secrétaire général du ministère de la Justice, Mansour Tall, a reconnu que la prise en charge sanitaire et judiciaire des personnes victimes de violences sexuelles n’est pas de bonne qualité. « Mais, des dispositions sont en train d’être prises, par le ministère de la Justice, pour que tous les auteurs des actes de viols soient réprimés par la loi de manière exemplaire », a-t-il indiqué. Il a rappelé qu’un comité a été mis en place, en décembre 2008, par le ministère de la Justice pour réfléchir sur les voies et moyens permettant de réduire les violences dont sont victimes les femmes sénégalaises. Un rapport a été déposé dans ce sens, le 1er juillet 2010. Il propose la mise en place des fonds d’assistance aux femmes victimes de violence et agression sexuelle. Il a révélé qu’un fonds d’aide juridictionnelle de 200 millions de francs Cfa est disponible au ministère de la Justice pour venir en aide aux personnes victimes de violences sexuelles et qui n’ont pas de moyens de se faire un avocat. Eugène KALY Source : Lesoleil.sn Articles Similaires
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L’Association des juristes sénégalaises (Ajs) a plaidé, hier, pour que les femmes victimes de violences sexuelles puissent bénéficier d’une prise en charge sanitaire et judiciaire, leur permettant de faire face au traumatisme.
