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La Vie de couple dans la presse Sénégalaise

le Matin PROBLÈME D'ÉPANOUISSEMENT SEXUEL:Des femmes témoignent...

Les relations sentimentales riment avec l’épanouissement sexuel. Dans la gent féminine, certaines le vivent pleinement. Par contre, d'autres ne trouvent aucun exutoire sexuel. Celles-ci brisent le silence et dévoilent un pan de leur vie. Voyage dans un univers tabou…

 
Ami Fall a 48 ans. Commerçante de son état est divorcée depuis plus de dix ans. Elle a connu l'amour fou avec son ancien époux. Elle a eu à goûter aux délices de la sexualité. Mais depuis trois ans, en bon talibé tidiane, elle a opté pour l’abstinence. Elle ne cache pas son combat permanent : "Actuellement, toutes les personnes qui me fréquentent finissent par déchanter car le terrain sur lequel elles m'invitent ne m'intéresse pas ». À la question de savoir si elle n'est pas tentée parfois de satisfaire ses pulsions naturelles, notre interlocutrice répond : "Il m'arrive d'avoir sérieusement des envies. Je fais tout pour me maîtriser. Mon arme, ce sont les ablutions et le Coran." Se plaît-elle à rappeler.
Amsatou elle, est enseignante vivant dans la banlieue dakaroise. Elle reconnaît le calvaire dans lequel elle vit depuis des années avec son mari. Elle se laisse aller à des confidences : "Cela fait près de cinq ans que je ne connais pas les vertus de l'amour. Ayant un mari volage et peu attentionné à ma personne, j'ai fini par perdre le goût de la bonne compagnie. Il m'arrive de rester près de deux mois sans avoir de relations intimes avec mon époux. Pourtant, nous vivons sous le même toit". Cette dame a eu la malchance de ne pas rencontrer l'homme de sa vie. Que faire maintenant ? Elle se résigne : "Mes enfants ont grandi. L'aînée a commencé à travailler. Ce n'est pas en ce moment que je vais tourner le dos à un conjoint "irresponsable". Je souffre mais en silence».
Déficit de câlins Autre personne, autre contrainte. Mame Fatou qui loge à la Médina traverse une période difficile. Elle fait partie de ces femmes dont le mari est émigré. Cela fait bientôt trois ans qu’elle n’a pas passé une nuit avec l’âme sœur. Le témoignage de cette femme à la forme généreuse est révélateur du profond malaise qu’elle subit : «  J' accuse un réel déficit de « tchongolong » comprenez câlins. J’ai emmagasiné des tas de pagnes coquins , des combinaisons sulfureuses d'encens, des tonnes de perles et des ceintures de reins. Cela ne sert à rien. Car je ne les utilise pas. Celui pour qui je l’avais cherché est loin de moi. Il est en Italie ». Ses mots peinent à sortir de sa bouche. Des souvenirs s’enchevêtrent dans sa frêle tête. Et subitement , elle lâche crûment : «  Je vais mettre la pression sur lui pour qu’il vienne. J’ai assez attendu. J’ai tout le confort nécessaire . Je suis logée dans une villa de haute gamme. J’ai une boutique que je gère . Je reçois des mandats généreux à intervalles réguliers . La femme a besoin de pain mais aussi de nourriture sexuelle ». À l’en croire, elle a donné un ultimatum à son mari : « S’il ne se pointe pas d’ici deux mois, je vais mettre fin à cette union » Une option qui ne va pas certainement faire plaisir à son époux qui présentement est en train de braver les dures conditions d’une vie de «  Modou- Modou » en Europe.
Certaines femmes qui ont eu à monnayer leur amour se trouvent maintenant dans une position très déconcertante. C’est le cas de Seynabou Ngom, une femme âgée de 25 ans qui a un conjoint octogénaire . «  L’argent m’a poussé à me lier matrimonialement à ce vieux qui est au crépuscule de sa vie. Il est âgé et cardiaque. Il ne se passe un mois sans qu’il soit hospitalisé. Ma cupidité a fait le lit de mon malheur. Mon apparente aisance sociale cache mal la souffrance silencieuse que je vis » Elle poursuit : « Cet homme ne peut pas me satisfaire sexuellement. Ses organes ne répondent plus. Je suis entre le marteau d’un lien cahoteux et l'enclume de pulsions lubidinales. Que faire ? Attendre mon heure. Le glas va bientôt sonner ». Les hommes apprécieront.
La peur de pouponner Nombreuses parmi les femmes célibataires qui ont la quarantaine que nous avons rencontrées ont une peur bleue de la grossesse. L’une d’elles éprouve le besoin d’exposer les raisons qui font qu’elle accuse un déficit réel de sexualité. Selon elle : « Après une grossesse non désirée que j’ai eue il y a une décennie, je me méfie beaucoup surtout des hommes qui te font des largesses de but en blanc. Présentement, ce que je cherche , c’est un mari capable de m’entraîner dans les méandres du bonheur. Mon option est irréversible ». Cette dame qui n’ a jamais connu la vie conjugale a vécu près d’un demi- siècle. Difficile pour elle d’être insensible aux délices de la vie. Tout compte fait, elle a fait son choix avec ses multiples contraintes. «  Comme je ne fais pas partie de la « génération préservatif » ( Ces adolescents qui fréquentent les centres ado), j’ai peur de tomber enceinte à mon âge » Suffisant pour ne pas demander à cette secrétaire d’une beauté qui pourrait même faire abjurer un saint, de franchir le rubicond...

MADEMBA RAMATA DIA 
Article daté du 10/08/2006

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