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Les rites et coutumes sénégalaises

Le Mariage dans la Société Sérère du Sine

Le mariage traditionnel chez les sérères du Sine (Région de Fatick) fut une affaire de famille
et suivait notamment la lignée maternelle. C’est à dire que le garçon allait souvent prendre femme chez son oncle ou chez sa tante maternelle ! Le mariage est composé ainsi de deux étapes : la négociation (l’approche) et le mariage proprement dit.

La période de négociations
En général les négociations se passent d’abord entre parents et notamment entre hommes, avant que le prétendant ne puisse partir avec ses copains donner une dot à la fille ; le reste de la dot devant être réglée par le père et l’oncle. Ce que la fille doit recevoir était en général fixé par la mère en concertation avec sa fille. Et cela devait servir à l’achat de tout ce que la mariée doit emporter chez son futur époux, qu’il s’agisse de matériel de cuisine ou de nouveaux vêtements. Cette dot reçue est souvent partagée avec les tantes maternelles qui, le moment venu, participeront financièrement ou matériellement à l’achat de ses bagages (ustensiles de cuisine, parures, vêtement,…). Cette demande en mariage acceptée était avant tout matérialisée par l’achat de la cola (*) distribuée aux proches de la famille, aux notables, pères et mères de familles du village, qui formulent en retour des prières pour l’accomplissement de ce mariage.
Dans le processus de négociation, la voix de l’oncle maternel de la fille s’avère prépondérante pour l’acceptation de la dot et du mariage ; c’est en fait lui qui marie sa nièce plus que ne le fait le père. Il en est de même pour l’oncle maternel du garçon, qui joue le même rôle, une partie de la dot devant être versée à la belle famille lui incombant.

Officiellement, la dot est fixée par l’état et elle se chiffre à 18000 Cfa et était partagée entre l’oncle maternel, le père et la mère. Cependant d’une zone à l’autre le chiffre peut varier et être plus important. Mais le risque est qu’en cas de problème judiciaire, ce qui est remboursable ne peut pas dépasser 18000 Cfa.
Avant le mariage, le futur époux travaillait généralement pour la famille de la future épouse, qui en tissant un grenier à mil, qui en cultivant ou en récoltant pour elle. Ce travail se fait souvent accompagné de son bras droit appelé « ndiik » ou des garçons de sa génération. Ce travail était aussi important, parce qu’il pouvait montrer la bravoure et le courage du beau fils au travail et donc sa capacité à pouvoir entretenir correctement sa future épouse et à être respecté par son entourage.
En cas de non travail, il arrivait que la belle famille évalue financièrement le travail que tu devais faire pour elle et que le bras droit se chargeait de négocier notamment le jour du mariage.
Le mariage proprement dit
Si toutes les formalités liées au mariage sont accomplies des deux côtés, les parents du garçon revenaient voir la belle famille en présence de l’oncle maternel toujours, pour s’accorder d’un jour de mariage. Chez les Sérères, deux jours sont généralement réservés au mariage : le lundi et le vendredi selon les us et coutumes des lignées maternelles.
La veille de ces jours constituait la journée de fête de départ chez la jeune fille et d’accueil chez le garçon. Ainsi la mariée devait être cherchée par les amis de l’époux avec en tête le
« ndiik » mais également par des adultes à la tête desquels il y avait souvent l’oncle maternel.
Ces derniers étaient chargés de la partie discussions officielles chez la mariée, tandis que les amis devaient surtout négocier avec les jeunes filles et les jeunes garçons pour toute exigence de ces derniers. Il y avait entre autres ce qu’on appelait la bouteille des frères de la mariée, c’est-à-dire une sorte de contrepartie financière qu’on devait verser avant qu’ils n’acceptent de laisser partir leur soeur (la future épouse).

Dès le matin, tout le village est réuni dans la concession de la future mariée. Les femmes
s’affairaient à la cuisine. Tandis que les autres commencent les discussions sur les différentes obligations à remplir avant de prendre la mariée (les repas de midi et du soir, la contrepartie à donner aux frères de la mariée,..)
A la tombée de la nuit, les proches de la mariée lui font prendre un bain rituel et la parent de jolis pagnes. Quelques colliers de famille lui seront remis pour quelques temps voire pour toujours.
Une jeune fille appartenant à la concession, ayant toujours vécue à ses côtés (sa soeur en
quelque sorte) est, elle aussi, apprêtée pour cette occasion. Cette dernière a le rôle
d’accompagner la promise et de la soutenir dans ces moments où beaucoup de changements interviennent dans sa vie personnelle. Elle permet de faire le lien avec le village et facilite la rupture

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